MES SOUVENIRS DE ZANZIBAR

 

Les guides de voyage sur les pays c’est bien. Mais aujourd’hui j’avais envie de me replonger dans mes souvenirs de Zanzibar.  En fait je suis tombée sur un reportage sur Zanzibar l’autre jour en zappant -un dimanche soir de désœuvrement- sur une des nombreuses chaines de voyages.

Les images m’ont touchées, des flash qui reviennent en pagaille, des souvenirs à chaque coin de rue. Mais c’est surtout les sons qui m’ont le plus touché. Les accents chantant du swahili et le chant du muezzin, les rires des enfants sur les berges du jardin de Forodani et le brouhaha du marché central. Ce festival de couleurs, ce dédale de ruelles, le blanc éclatant des plages contrastant avec les kanga multicolores des ramasseuses d’algues.

*

Un de mes auteurs préférés à dit « la nostalgie n’est pas une bonne inspiratrice »...  mais sur ce coup là je ne suis pas d’accord avec lui. J’ai envie de faire dans le Pathos. Car parfois c’est bon de fermer les yeux et de se remémorer tous nos instants de bonheur et de se vautrer dans la nostalgie même si un présent affriolant nous fait de l’œil au coin de la rue. De mes nombreux séjour à Zanzibar je me souviens…

*

De ces images en mouvement gravées dans ma mémoire des gamins faisant des concours de saltos dans le port de Stone Town. Des danseurs de capoeira en bas du Africa House qui essayaient inlassablement -et non sans moqueries- de m’apprendre quelques mouvements. Des rires des jeunes filles sous leur voile qui cheminent pour aller à l’école, si jeunes et déjà si belles et si fières. D’un regard volé derrière une porte.

*

Des odeurs d’épices, de bougainvilliers, de rues, de parfums de canelle, d’effluves de cuisine, de senteurs d’ailleurs. De la ferveur d’une ville et de sa beauté en pleine déliquescence. De ce mélange de cultures au carrefour de l’Orient et de l’Afrique. De sa grandiose souveraineté témoin d’un riche passé derrière des murs décrépis. Je me rappel du gout du café zanzibari, tellement épicé qu’il me brulait la gorge et de nos jus de canne à sucre pressé que nous buvions le soir assis sur les marches du vieux fort.

*

Je me souviens des conciliabules sur la plage au coucher du soleil. Des partie de foot ou mainte fois je me suis ridiculisée. De la cueillette des algues avec ces femmes si braves qui me font sourire avec leur anglais brisé et qui s’esclaffent devant mon Swahili bien peu maîtrisé. De cette mama qui fabrique ses savons à la main pour faire vivre sa famille, de la chaleur de son sourire et des couleurs magnifiques de ses kangas.

*

Je me rappel des heures de plongée à explorer les fonds marins, avide de ce monde de silence aux 1000 couleurs et je souris en me souvenant de nos courses folles en vieille Vespa déglinguée sur la plage de Paje à marrée basse. Des ces heures assis par terre à Stone Town à regarder le ballet des Dhows partir en mer au coucher du soleil.

*


Toutes ces rencontres éphémères et hasardeuses de voyageurs, de rêveurs et d’apatrides. Qui ont tous contribué, sans le savoir parfois, à créer ces souvenirs si marquant, si vibrant.


*

Je me souviens aussi de ces nuits sans sommeil bercés par le chant du muezzin, la peau moite, enveloppés dans rien d’autre que nos rêves d’Afrique. Et des bains de minuit pour voir s’il n’y avait pas du plancton fluo qui brille sous la lumière argentée d’une pleine lune irréelle.

*

Et puis surtout je me souviens des mains qui se frôlent, des regards qui se croisent. De ces soirées interminables dans ces bouiboui locaux ou nous nous dévorions des yeux à s’en abimer l’âme. De ce temps sans aiguilles qui nous transportait loin de ce monde oublié depuis si longtemps.

*

*


A cette ile et à cette vieille ville dans laquelle j’y ai laissé avec et par amour quelques plumes de bluebird.