Suite de nos aventures en Namibie. C’est de bonne heure que nous quittons le Damaraland pour une nouvelle étape. Nous souhaitons rejoindre Cape Cross en longeant la Cote des Squelettes. La skeleton coast (en anglais) couvre la moitié nord du littoral namibien,  région désolée, balayée par les vents. A l’origine elle tenait son nom des baleines échouées sur ses plages, ce sont désormais des carcasses de navires échoués que l’on peut voir. Les bushmen appellent cette région « le Pays où Dieu a créé un jour de colère ». Et pourtant cette contrée recèle une beauté envoutante. 

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Skeleton coast

Depuis le début des années 70, la Skeleton Coast  est devenue dans sa quasi-totalité un parc national de 500 kilomètres de long sur 40 de large. Le Nord du parc est assez difficile d’accès et attire un grand nombre de pêcheurs. La partie sud du parc en revanche est plus hospitalière (le brouillard n’y est plus quasi permanent). C’est la que vous rencontrerez les célèbres dunes rugissantes se jetant dans la mer.. mais ceci est pour un autre article… revenons au début !

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La route

Nous attaquons la Skeleton Coast par le nord. Rien que de part le nom, nous aurions du nous méfier avant de partir bille en tête du Damaraland… Nous avons roulé pendant des heures et des heures en ligne droite, jusqu’à la cote. Puis nous avons tourné à gauche et roulé pendant des heures toujours en ligne droite le long de la skeleton coast.
Nous avons traversé des paysages tous plus désertiques et fantomatiques les uns que les autres, dans un camaïeu de gris, de blanc et de jaune pale. La lumière y est aveuglante même si le soleil se cache derrière cet épais brouillard qui nimbe toute la région.
La route n’est qu’une grande ligne droite sur laquelle se dessine des mirages à l’horizon. Les dunes au loin et les rares voitures que nous croisons semblent flotter sur des lacs imaginaires. Au fur et à mesure que nous nous éloignons du Damaraland, le paysage s’aplanit pour laisser place à un désert de dunes pales et le brouillard se fait de plus en plus dense. La température chute un peu plus à chaque kilomètre. Paradoxalement,c’est aussi sinistre que c’est magnifique.

Sur la route nous nous arrêtons pour observer lépave d’un bateau, nimbée de cet éternel brouillard qui recouvre toute la côte. Ça fait froid dans le dos. Cette scène nous parait irréel, comme sortie d’un film. Le mer déchainée, le brouillard omniprésent, le vent froid et cette épave de bateau chahutée par les vagues…

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Cape Cross

Nous arrivons à Cape Cross, après de longues heures de piste,. Je pense que nous pouvons qualifier Cape Cross comme le summum du rien. Nous espérions y trouver une station service, car notre voiture est sur le point d’être en panne d’essence. (En effet depuis que nous sommes partie du Damaraland, nous n’avons croisé aucune station service, aucun village, rien. Mais il faudra faire 60 km de plus jusqu’à la première ville, soit Hentisbaii, un bourg composé principalement de magasins de pêches et de liquor stores. Une ville très pauvre et glauque au possible, ça plante le décor !

Nous pension  que Cape Cross était une petite ville mais pas du tout.. il n’y a rien à part notre lodge, le Cape Cross Lodge et la colonie d’otaries à 5 kilomètres. La devise de l’établissement est « where there is nothing… there is more » et je partage cette philosophie à 100%! En face de nous,  l’océan Atlantique souffle un vent glacé et les vagues se déchaînent, derrière nous, un désert de roches, de sable et de sel s’étend à perte de vue, jusqu’à se confondre avec un ciel chargé. Nous avons perdu plus de 20 degrés par rapport au Damaraland où nous étions ce matin même et nous superposons toutes les couches de vêtements possible!


Ce pays est plein d’extrêmes, il est dur, les paysages sont majestueux mais tranchants, parfois désolants mais toujours envoutants. La nature ne pardonne pas et il semble bien pénible à l’homme de s’y installer. Nous passons du désert de pierre ou règne une chaleur écrasante, au désert de sable et de sel au bord de l’Atlantique froid, déchainé et venteux. C’est inhospitalier  mais pourtant on se sent irrésistiblement attiré tant c’est beau et redoutable à la fois.


Nous restons au Cape Cross Lodge, enfin, sur le terrain de camping du lodge. Nous pouvons cependant utiliser les parties communes, le salon et le restaurant sont très agréables, avec une grande terrasse, des baies vitrées, de grands canapés moelleux et un feu de cheminée au centre de la pièce.

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Les otaries

Après déjeuner, nous sommes donc partie voir ces fameuses otaries, la raison pour laquelle nous somme venues ici !! (La deuxième étant que nous n’aimons pas la foule!) On nous avait prévenu que cela sentait mauvais… Mais on ne s’attendait pas à ce que cela soit irrespirable ! Une odeur de cadavre flottait dans l’air, cela sentait tellement fort que nous avons dû nous changer en rentrant,  nos vêtements étaient imprégné !! L’odeur mis à part, ce fut vraiment un super moment de voir ces milliers d’otaries! Certaines dorment, d’autres prennent le soleil, pataugent dans les vagues… ça à l’air plutôt cool la vie d’une otarie en Namibie!!

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cape cross namibie

cape cross namibie

(NDLR Toutes ces photos on été prise en apnée)