Voilà désormais un an et demi que j’ai quitté notre cher pays de la Baguette pour m’expatrier en Tanzanie. M’expatrier. Oui je crois que c’est le bon terme. Car je ne suis pas en vacances, pas en transit, pas en voyage, pas de passage, et je crois que je ne suis pas perdue non plus… Il faut être honnête la vie d’expat c’est plutôt facile. Surtout quand on s’installe dans un pays au sud de l’équateur. Le soleil brille toute l’année et la bière n’est pas chère. On habite de belles maisons avec une gentille « dada » pour plier nos chaussettes, on conduit de gros 4×4 [enfn plutot un mini 4×4 pour ma part!], les weekends sont rythmé par les barbecues au bord de la piscine, les sortie dans le bush ou à la mer. Raaaa la la la la trop dur !
Oui c’est vrai c’est un peu ça mais pas seulement ! Tout dépend comment on souhaite vivre son expatriation : il y a différentes catégorie d’expat si on réfléchit bien. En Fonction du pays où l’on est, du métier que l’on pratique et de notre vision des choses…

– Il y a ceux que j’appelle néo colons. Ces blancs qui se sont construit un empire, une forteresse avec des gardes et des bonnes en tablier à froufrou. Qui font élever leurs enfants par des dada, qui ne supportent plus les locaux, qui ne regarde pas plus loin que le bout de leur nez, ou de leur barrière électrique. Ils ont perdu tout contact avec la réalité, et reste dans leur univers. Généralement on les trouve dans les pays pétroliers ou des pays où l’on exploite les matières premieres. Malheureusement l’argent apporte rarement de bonnes choses.

– Il y à les « gâtés », ceux qui sont là depuis tellement longtemps qu’ils restent ici car ils n’ont nul part d’autre ou aller. Ravagés le temps qui passe, le soleil qui tanne les peaux, l’alcool et les femmes pas chères  (oui car la plus part sont des hommes). Parce que dans beaucoup de pays, avec l’équivalent du RSA on ne vit pas trop mal.

– Il y à les volontaires, qui viennent 3 semaines, 3 mois, 6 mois parfois. Reconnaissable à leurs pantalons informes qui ressemblent à des nappes, leur sac besaces et leur absence de chaussures… [je ne comprends pas pourquoi le fait de vivre en Afrique doit être synonyme de « mal fagoté »]. Les volontaires viennent « sauver l’Afrique »… font du volontariat dans des orphelinats. Et repartent…. Ils ont le méritent de nous divertir ! Beaucoup d’organisme de volontariat ne sont qu’à but lucratif, sans réelles motivations.  Bon ok, je dresse un tableau un peu noir du volontariat. Certains programmes, malheureusement pas la majorité, sont de vrais projets sur le long terme, avec un suivit, qui inclus des volontaires mais aussi les populations locales dans le développement, la santé ou l’éducation. Si jamais il vous prend l’envie de faire du volontariat, posez vous la question de la valeur ajoutée sur le long terme de votre participation.

– Il y à ceux qui sont de passage pour le travail et l’aventure. Pilotes, professeurs, agents de voyage, manager… Célibataires, la plupart sont jeunes ayant soif d’aventures, d’espace, de liberté. Voulant engranger pas mal d’argent il faut l’avouer aussi ! Ils restent ici quelques années, voyages, apprennent le swahili, rencontrent des tonnes de gens, grave leur empreinte dans le sable et s’en vont vers de nouveaux horizons. Ils ont habités dans au moins 5 pays différents, parlent plusieurs langues et ne comptent pas s’arrêter là…. Je dirai que je me situe dans cette catégorie ! Un tiers vagabond, un tiers installé et un tiers « misfit » il faut bien l’avouer.

Le bon côté d’être expat c’est que l’on rencontre des personnes du monde entier, on tisse des liens très forts. Nos amis deviennent notre famille de substitution. Noëls, anniversaires, nouvel san, Thanksgiving ou tout simplement un jeudi soir où on broie du noir… ce sont eux qui sont à nos cotés C’est un melting pot de cultures, il n’y a pas un dîner où l’on ne parle pas au moins 3 langues.

Le revers de la médaille c’est que tout le monde finit par partir un jour ou l’autre. Et la chaise reste vide, quelqu’un d’autre s’y assoit mais ce n’est jamais pareil. On passe tellement de temps et d’énergie à se construire une vie ici, mais les fondations sont d’argiles, rien n’est vraiment établis pour toujours. De l’autre côté, back home comme on dit ici, nos amis, nos meilleurs amis, qui sont rester à la maison, regardent de loin notre vie. Via facebook, whatsapp, instagram, Skype… intrigués, intéressés. Mais qui ne comprendront jamais vraiment cette soif d’ailleurs, cette avidité à voir toujours plus, toujours plus loin.