J’ai toujours aimé les voyages en train. Les quais de gare avec leur trains bien alignés. Composter son billet puis le chef de gare qui siffle le départ. Observer les gens qui grouillent dans tous les sens, se croisent, se frôlent, se bousculent. Suivre l’autre des yeux en lui faisant signe par la fenêtre et s’installer bien au fond de son fauteuil pendant que le train prend de la vitesse.

Je trouve les gares romantiques et pleines d’effervescence. Ce sont des lieux de rencontres, de départs, de retrouvailles, de séparations et de souvenirs. Les gares sont des endroits de passages à la fois anonymes et terriblement humains.
Voyager en train c’est prendre son temps, parler avec les gens, arriver en plein cœur d’une ville, s’imprégner doucement d’un pays. C’est une part entière dans un voyage. Dans certains pays c’est juste un moyen de locomotion, mais d’en d’autres, en Afrique notamment, le train est synonyme, de vie, de commerce, d’échanges, de contacts. C’est parfois la seule connexion entre des régions très isolées et la « grande ville », un lien vital.

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En voiture

Bref, assez divaguer, palabrer, rêvasser … montez tous en voiture, il est l’heure, je vous embarque à bord d’une draisine. C’est une vieille locomotive de la CFCO (Chemin de Fer Congo Océan). Une fois tous au complet, les vivres chargées, nous sonnons le départ. Notre draisine vibre, tousse, trésaille, s’ébranle dans un boucan d’enfer et finalement se met en route.

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BIIIIIIIPPP BIIIIPPPP, l’énorme klaxonne nous vrille les oreilles, les passants s’écartent des voies en courant avant notre passage. Les voitures s’arrêtent dans un nuage de poussière ou bien accélèrent pour les plus téméraires. On tire les gamins par la main et les chiens errants détalent avec le diable aux trousses! Ici pas de passage à niveaux, la voie ferrée est une voie piétonne (entre autre) il faut donc faire du bruit afin de n’écraser personne. Notre chauffeur, l’œil vif manie sa machine d’enfer comme un chef. Nous nous éloignons du centre-ville, nous traversons le grand marché, parasols de toutes les couleurs, étales débordantes d’objets de tout genre et de fruits et légumes.

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La machine prend de la vitesse, Biiiip Biiip le klaxonne encore et toujours. On est ballotté dans tous les sens, on ne s’entend même pas parlé, mais nous sommes émerveillés comme des gamins. Peu à peu on s’éloigne de la ville, la cohue se dissipe, le bruit et le bazar typiques des grandes villes africaines laissent la place à un paysage verdoyant et vallonnée. On se dirige droit vers l’immense foret du Mayombe en traversant des villages au toit de tôle.

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Ici pas de signal radio, de feux de signalisation ou d’aiguillages automatiques. Nous attrapons au vol les autorisations de passage aux différentes gares que nous traversons, nous indiquant où l’on doit s’arrêter pour laisser passer un train arrivant en face, et où l’on doit remonter la manivelle à la main pour changer l’aiguillage. Peu à peu les maisons se font plus rares, des collines se dessinent au loin, la végétation se fait plus dense, plus luxuriante. Nous roulons à travers une forêt de bambous verts éclatants entourés de courts d’eau. Au bout de 2 heures 30 de folle chevauchée nous arrivons à destination… le village de Le Sara.

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Le village de Les Saras

Nous chargeons tout notre bardage dans une remorque et nous entreprenons la montée vers notre cabane perchée, là où nous passerons la nuit. Une fois installée, nous visitons le village avec notre guide. Après 3 ans en Afrique de l’est, je trouve le Congo bien différent, mais malgré les différences, je retrouve avec joie échoppes et magasins aux noms et illustrations si typiques de l’Afrique.

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Le voyage s’arrête ici, j’espère qu’il vous a donné envie de rester à bord pour suivre de nouvelles aventures ! Un grand merci à la fameuse équipe de joyeux lurons qui ont participé à l’aventure, sans eux, cette épopée n’aurait pas eu la même saveur.


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voyage train congo

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