Par définition, une bucket-list est une liste de choses à faire ou à voir avant de mourir. Ca vient de l’expression anglaise « kick the bucket ». (passer l’arme à gauche). Quelque chose m’a toujours dérangé avec ce concept de faire une bucket-list. D’où cet article dans lequel j’exprime mon point de vue no-bucket-list. Alors non je ne cherche pas à faire débat. Ni à dire si la bucket-list c’est bien ou mal. Ou à faire le buzz de l’anti quelque chose. Je m’en moque si cela parait méga cliché. Il n’y a pas de bon ou de mauvais positionnement. Les bucket-list parlent à certains et à d’autres non. Pour beaucoup de gens faire une bucket-list est nécessaire. C’est le début d’un projet, un fil directeur auquel se rattacher, un outil de développement personnel, un moteur et je respecte ça. J’exprime juste mon point de vue, qui est de na pas adhérer à cette tendance.  A bon entendeur  et bonne lecture!

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Nous avons tous fait des bucket-list, ou si on n’en a pas fait, on en a tous lues quelques part. Dans le genre  » top 10 des endroits à voir avant de mourir. » « Choses à faire avant de… »  » Ce que j’aimerai faire et voir avant de …. »

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Nous subissons déjà tous les jours une pression pour accomplir les petites taches quotidiennes qui font chacun de nous des héros des temps modernes. Alors pourquoi en rajouter? Se lever tous les jours. Aller bosser ou chercher du boulot. Voyager et établir des relations saines. Payer ses impôt et inviter untel à diner. Aller à la salle de sport, répondre au 50ème faire-part de naissance, manger 5 fruits et légumes par jour. Avoir les dents blanches, ne pas oublier l’anniversaire de belle maman. Faire des enfants et les élever sans crier. Respecter ses dead lines au travail. Ne pas envoyer chier le mec dans le métro qui nous marche sur les pieds. Alors stop, pause, faites un break.

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La To do list au boulot ok. Mais la to do list pour ses rêves ce n’est pas un peu too much niveau pression? Alors je comprends que pour certain ce soit important. On peut y voir une façon de faire le point, de se recentrer, de visualiser, de se donner des objectifs. Mais je trouve que c’est un lourd fardeau sur nous même. Car si jamais on n’arrive pas à réaliser tous ce qu’il y a sur notre bucket-list… ca veut dire qu’on est nul ? Ou pas assez performant? Ou sommes nous pas assez cool car on n’a jamais fait de saut en parachute ou nagé avec les requins ?

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Alors moi les bucket-list, ça m’angoisse. Je suis une adepte des To Do list dans le travail, surtout que je suis freelance et que je dois me forcer à une certaine routine. Mais dans la vie non, je n’arrive pas à coucher mes rêves en liste comme je couche sur le papier les noms de mes clients ou la liste de courses en rayant la mention devenue inutile.

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Je trouve qu’a travers la bucket-list, nous en sommes venus à consommer les instants, les voyages, les paysages, les moments, les gens. On « fait » le Brésil. On « fait »Berlin. « Ah non la Thaïlande on l’a FAIT l’année dernière. » On « fait » le Taj Mahal. Je fais ci et ça et tout doit disparaître avant que ça ne devienne trop touristique surtout… (paradoxe bonjour).

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Alors plutôt que de vouloir consommer la vie comme on consomme ses clopes. Ou qu’on met dans son chariot un type sur adopte un mec. Pourquoi ne pas lister les moments que l’on à vécu, mais vraiment vécu. Ceux qui nous on fait vibrer. Ceux qui nous ont fait nous sentir vivant et nous ont donné le sourire au coeur. Lister les endroits qui nous ont coupé le souffle. Et les rencontres aussi, surtout les rencontres. Et pourquoi pas les odeurs et les saveurs pendant qu’on y est ! Car c’est ça au final voyager, rêver. Ce n’est pas accumuler les endroits, les sites historiques, prendre LA photo, « faire » le Machu Pichu ou la grande barrière de corail. Non, ce qui donne vie à un voyage et le fait que l’on vive son rêve, c’est tout ce qui va s’imprégner en nous et va nous laisser une marque indélébile.

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J’ai fait des bucket-list quand j’étais plus jeune. J’écrivais dans un carnet que j’oubliais dans le fond d’un tiroir. Quand je le retrouvais plusieurs mois ou années après, je réalisais le fait que je n’avais rien « fait » de ce qui était sur ma liste. Ou que j’avais « fait » juste une infime partie et cela me laissait un profond sentiment de tristesse. Comme si je n’avais pas réussis. C’était un échec au gout de l’inaccompli. Mais ce dont je ne me rendais pas compte, c’est que j’avais vécu des dizaines de choses quand même. Des choses différentes, c’est tout.

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Donc aujourd’hui je fais des listes de mes souvenirs. Je garde une trace de tout ce que je vis, c’est aussi pourquoi je continue d’alimenter ce blog.

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  • Je suis partie plusieurs mois sur les routes de l’Afrique Australe et j’en garde un souvenir impérissable.
  • Cape Town a été un coup de coeur incroyable et souvent je ferme les yeux et je m’imagine déambuler dans les ruelles de upper kloof. J’ai aussi été au sommet de Table Mountain et de Lions Head et je me suis dit de la haut, que Cape Town était l’une des plus belles villes du monde.
  • Je ressens encore la chaleur du soleil sur mon visage au petit restau d’huîtres et de vin blanc à coté de la Dorob Nature Reserve en Afrique du sud et le vent froid et les vagues qui se fracassent sur les rochers de la Wild Coast.
  • J’entends encore la voix magique de la chanteuse d’opéra à Vienne quand nous sommes allé voir la flute enchantée.
  • Je ressens la moiteur de l’atmosphère des rues de Stone Town à la tombée de la nuit, quand le muezzin appel à la prière.
  • Je revois les routes interminables de la Namibie où des mirages se dessinaient au loin à cause de la chaleur.
  • Je ressens toujours ce sentiment de liberté total la nuit où nous avons campé au sommet du rift Africain en Tanzanie, en pleine terre Masai.

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Et je pourrai continuer ainsi pendant des heures. Il me suffit de parcourir ce blog pour revivre tous ces instants magiques. Je me remémore le passé tout en vivant dans le présent.  Je pense qu’il est plus important de me souvenir de mon passé avec le sourire que de remplir les pages d’un cahier qui me laissera un gout d’inachevé.

Pour autant, je ne m’empêche pas de rêver, car  » le rêve d’un voyage, c’est déjà un voyage. »

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